Entrevue avec un entraîneur d'équipes sportives

REPÈRES ta carrière (Entrevues)
12 mars 2019
Entraîneur d'équipes sportives

Ce mois-ci, nous vous invitons à en apprendre davantage sur le métier d'entraîneur d'équipes sportives. L'Équipe REPÈRES a rencontré Guillaume Rioux, entraîneur pour l’équipe de football du Rouge et Or de l’Université Laval!

Guillaume Rioux
Rouge et Or de l'Université Laval
Entraîneur d'équipes sportives
Question
Comment avez-vous choisi votre métier?
Réponse

J’ai pratiqué plusieurs sports avant de me consacrer au football. Je voulais vraiment en faire une carrière, à titre de joueur au départ et comme entraîneur par la suite, car j’aimais transmettre aux jeunes les connaissances que j’avais acquises au fil du temps. Être professeur d’éducation physique ne m’intéressait pas. J’ai donc analysé les possibilités qui s’offraient à moi afin de poursuivre ma formation. J’avais en tête d’œuvrer directement dans le sport de haut niveau et dès que j’ai su qu’un programme en intervention sportive existait à l’Université Laval, je m’y suis inscrit. Pendant mes études, j'ai joué pour l'équipe de football du Rouge et Or et je fais maintenant partie des huit entraîneurs de cette équipe pour laquelle je travaille à temps plein.

Question
Quelles sont vos tâches dans une journée type de travail?
Réponse

Il y a différents volets à mon travail. En saison, l’entraînement est axé sur les stratégies et la planification des parties alors qu’en saison morte la préparation physique se concentre sur le développement des joueurs pour les aider à atteindre leur plein potentiel physique. Pendant la saison de football, d’août à novembre, je travaille 7 jours sur 7. La plupart du temps, j’analyse des vidéos de nos pratiques et des parties en compagnie des autres entraîneurs. On décortique ensemble les forces et les faiblesses de l’équipe adverse pour établir des stratégies et cela nous permet également de déceler les erreurs de nos propres joueurs. Chaque jour, on leur présente notre planification et on pratique ensuite sur le terrain. Toute action est exécutée dans le but de préparer la partie suivante et de la gagner! C’est la période la plus intense. Lorsque la saison se termine, on prend un moment pour recruter les nouveaux joueurs. On se déplace dans les écoles du Québec où on assiste aux pratiques et on développe des contacts avec les jeunes. Le reste de l’année est consacré à la préparation physique où en plus de planifier le programme, je suis en continuelle interaction avec les joueurs en salle d’entraînement ou au stade.

Question
Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre profession?
Réponse

Quand l’été achève, j’ai hâte que le football commence et quand la saison se termine, j’attends avec impatience de recommencer la préparation physique avec les joueurs. Je suis stimulé par mon travail à l’année, car il n’y a pas de monotonie. En étant préparateur physique, j’entraîne tous les membres de l’équipe. Je ne suis donc pas seulement en contact avec mon groupe de douze receveurs auquel je suis attitré pendant la saison de football. Je les côtoie quotidiennement et même si ce lien est professionnel, il y a tout de même une certaine amitié qui se crée. Je connecte vraiment bien avec eux, car, il n’y a pas si longtemps, j’étais dans leurs souliers. Je comprends ce qu’ils vivent.

Question
Quels sont les aspects méconnus de votre métier?
Réponse

On croit souvent que je suis entraîneur personnel dans un centre d’entraînement. Ça ne fait pas si longtemps que la profession existe au Québec. Quand je parle de ce que je fais, les gens ne pensent pas d’emblée qu’il est possible de travailler à temps plein en tant qu’entraîneur de football de haut niveau. De plus, comme notre sport tourne autour du physique, il est facile d’oublier qu’il y a également l’aspect psychologique qui occupe une place importante. En effet, je dois apprendre à bien connaître les joueurs pour savoir comment interagir avec chacun d’eux et les motiver individuellement. Par exemple, si un joueur vit une difficulté personnelle qui l’affecte, je dois savoir comment agir avec lui.

Question
Qu’est-ce qu’un futur entraîneur devrait savoir?
Réponse

Le marché de l’emploi est très compétitif et il faut absolument se démarquer. Il faut bien sûr considérer le fait qu’il y a beaucoup moins d’athlètes de haut niveau ici qu’aux États-Unis, par exemple. Moins d’athlètes professionnels signifie aussi moins de postes d’entraîneurs. De plus, il est rare qu’un entraîneur exerce à haut niveau sans avoir pratiqué le sport en question. Par contre, il n’est pas nécessaire d’avoir été un joueur professionnel pour entraîner une autre personne à le devenir. J’entraîne des joueurs aujourd’hui qui sont bien meilleurs que j’ai pu l’être à l’époque!

Entrevue réalisée par Pascale-Andrée Boivin