Le parcours atypique d’une enseignante en Techniques de pharmacie

Zone collaborateurs
3 juin 2024
SRACQ

Dans ce texte proposé par le SRACQ, Audrey Duval, enseignante au programme de Techniques de pharmacie au cégep de Rivière-du-Loup, nous parle de son parcours atypique et de son intérêt pour l'enseignement et le domaine de la santé.

« Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionnée par l’enseignement. Déjà toute petite, je jouais au “professeur” avec mes amis. C’est tout de même après mes études collégiales en Techniques d’éducation spécialisée, au cours desquelles nous avions deux stages à réaliser, que mon intérêt s’est davantage concrétisé. J’ai effectué mon premier stage en milieu scolaire, spécialisé en trouble du langage et de la surdité, et c’est à la suite de ce stage et de l’obtention de mon diplôme que j’ai décidé de poursuivre mes études en enseignement préscolaire et primaire à l’Université du Québec à Rimouski, Campus de Lévis. Comme c’était très difficile et long avant d’obtenir un poste permanent comme enseignante à cette époque, j’ai décidé, après deux ans au baccalauréat, de mettre fin à mon parcours. Même non complétées, je peux affirmer avec certitude que ces années d’études ont grandement contribué à augmenter ma passion pour l’apprentissage et mes connaissances au niveau pédagogique. Mon désir d’apprendre m’a amenée à poursuivre mes études, mais cette fois dans le domaine de la pharmacie. Comme je n’étais pas prête à me réinvestir dans de longues études universitaires, j’ai opté pour le diplôme d'études professionnelles en Assistance technique en pharmacie. J’ai adoré ma formation. Le taux de placement plus qu’enviable m’a permis de choisir mon lieu de travail. J’ai donc déménagé à Rivière-du-Loup afin de travailler à la pharmacie de l’établissement de santé de la ville, où j’ai débuté en tant qu’assistante technique en pharmacie (ATP) en janvier 2012. J’ai travaillé près de 10 ans au département de pharmacie et j’y travaille encore occasionnellement durant la période estivale. C’est à l’automne 2021 que j’ai postulé au poste de technicienne en travaux pratiques pour le programme de technique en pharmacie au cégep de Rivière-du-Loup. C’était une occasion en or pour moi d’obtenir un emploi qui était un heureux mélange des métiers qui me passionnaient, l’enseignement et la technique en pharmacie. J’ai obtenu une charge de cours à l’automne 2022, où j’ai dû bâtir le contenu du cours à partir de mes connaissances et de mon expérience de travail. Ce fut une session très exigeante, mais tellement gratifiante. On m’a confié d’autres tâches d’enseignement à l’hiver et à l’automne 2023, dans mon champ d’expertise, soit la pharmacie d’hôpital. Encore de beaux défis à relever pour moi, puisque ce sont également des cours à créer de A à Z », explique hardiment Audrey.

Lorsqu’on lui demande de nous parler de ce qui la rend fière, Audrey se souvient du temps où elle travaillait en pharmacie d’hôpital. Elle se rappelle qu’elle adorait élaborer des documents et des outils afin de faciliter le travail de technicien. « Je sais que tout ce que j’ai réalisé dans mon milieu a été très apprécié et qu’on utilise toujours ces outils. C’est gratifiant de savoir qu’on travaille pour faire avancer notre métier et aussi pour faciliter notre travail. » Audrey s’est aussi beaucoup impliquée dans le département de Techniques en pharmacie, surtout au début à l’implantation du programme. J’ai fait l’achat de tous les équipements technologiques, je me suis assurée de bien équiper les laboratoires du matériel utilisé dans les milieux de travail. Les suivis de stages feront probablement aussi partie des aspects où elle aura à s’impliquer durant la prochaine année. « J’assiste aux congrès annuels des assistants techniques et techniciens en pharmacie afin de me mettre à jour en ce qui concerne les avancées technologiques. J’ai aussi pris la décision d’entamer une démarche de reconnaissance des acquis (RAC) dans le programme de techniques de pharmacie afin de me mettre à niveau dans le domaine. J’envisage également de terminer mon baccalauréat d’ici quelques années afin d’avoir toute l’expertise et les connaissances nécessaires pour effectuer encore mieux mon travail d’enseignante, poursuit-elle. » 

Le programme de Techniques de pharmacie

Le programme de Techniques en pharmacie propose un heureux mélange de tâches techniques, de connaissances en lien avec le domaine de la santé et de constants apprentissages. C’est un milieu qui évolue continuellement, où l’on doit sans cesse s’adapter et modifier ses façons de travailler. À la fine pointe de la technologie et des avancées pharmaceutiques, c’est un milieu qui exige beaucoup de rigueur. « On ne peut pas juste être “à peu près” dans notre domaine, puisqu’on tient entre nos mains la vie de nos patients. Même si parfois ça va très vite, on doit y prioriser la qualité à la quantité. On doit toujours garder en tête qu’on doit faire notre travail comme si on le faisait pour notre enfant, notre conjoint ou conjointe, nos parents. Ça nous permet de toujours donner le meilleur et de nous assurer de la qualité de notre travail. » 

Les perspectives d’emploi sont excellentes pour le futur technicien en pharmacie (TP), puisqu’à l'heure actuelle, les demandes dans les milieux de pharmacie sont très élevées. Le TP peut s’attendre à un salaire horaire entre 24 $ et 34 $ en pharmacie d’établissement, puisqu’une échelle salariale a été instaurée dans les centres de santé, et à un salaire sensiblement similaire en pharmacie communautaire. Le technicien en pharmacie pourra accomplir de nombreuses tâches qui viendront toucher trois grands axes, soit l’axe technique, l’axe clinique et l’axe administratif. Chacun de ces axes sera touché dans les différents milieux de travail possibles pour le technicien.

Tout d’abord, la pharmacie communautaire est celle que nous connaissons tous, puisque c’est là que nous allons nous procurer nos médicaments de tous les jours. C’est aussi dans ce milieu où le TP est le plus en contact avec le client. Parmi les tâches effectuées par le futur TP, notons la saisie des ordonnances au dossier pharmacologique du client, la validation contenant-contenu des divers médicaments, la gestion des commandes, l’administration de médicaments pour en démontrer l’usage ou la vaccination de même que toutes autres tâches qui pourront être déléguées par le pharmacien en service. Collaborer à la gestion du personnel technique de la pharmacie et la supervision de l’équipe de travail seront davantage des tâches en lien avec l’aspect administratif.

Le second milieu est la pharmacie d’établissement de santé, ou la pharmacie d’hôpital. Chaque grand centre de santé possède sa propre pharmacie afin de pouvoir délivrer les médicaments aux usagers de l’établissement. Les techniciens effectueront dans ces milieux des tâches davantage liées aux manipulations stériles de produits injectables, comme des traitements de chimiothérapie. Ils pourront également toucher à l’axe clinique en collaborant avec le pharmacien lors de la prise en charge de la thérapie médicamenteuse de patients. Ils seront aussi amenés à gérer l’utilisation des systèmes d’information et des équipements technologiques.

« Le programme de Techniques en pharmacie s’adresse aux étudiants qui ont soif d’apprendre et qui veulent continuer d’être formés même à la fin de leur parcours. Il vise des gens rigoureux, minutieux, autonomes et débrouillards, mais surtout qui aiment le domaine de la santé sans nécessairement souhaiter beaucoup de contacts “directs” avec le patient. Des gens qui aiment comprendre le pourquoi du comment et qui veulent faire avancer leur profession. »

Pour en savoir davantage sur le programme de Techniques en pharmacie, rendez-vous sur le site du SRACQ ou le site Repères et faites partie, comme Audrey, des gens passionnés du secteur de la santé. 

 

Par Guylaine Charest, conseillère en communication et analyste en éducation internationale, SRACQ